Mon maître ne pensait pas souvent à moi. J'étais là sans être là. il me promenait jamais, me nourissait rarement. Mais je l'aimais quand même. Un matin, mon maître s'est levé plus tôt que d'habitude. Sa femme et sa fille Manon étaient déjà sortie de la maison lorsqu'il prit ma laisse. Nous sommes sortis et nous avons rejoint le reste de la famille dans la voiture. Je manquais de place entre Manon et les bagages qui s'entassaient autour de moi. Nous avons démarré. Bientôt la route s'est élargie et nous avons roulé plus vite. Puis nous nous sommes arrêtés. J'ai bondis dehors lorsque mon maître a ouvert la porte. Il m'a suivit avec une gamelle et ma laisse. Il m'attacha à un poteau et partit. Il revint avec la gamelle remplit d'eau. Il l'a posa devant moi, me regarda et remonta dans la voiture. Derrière la vitre arrière Manon me regardait en pleurant. La voiture se remit en route et partit. Je pensais qu'ils allaient revenir alors j'attendis.
La nuit tomba, ma gamelle était vide et j'avais soif. Je m'endormis sans m'en rendre compte et me réveilla le matin venu. La journée se fit interminable. J'avais de plus en plus chaud mais personne ne passait. Mes yeux se fermaient.
Il me semblait que trois jours s'étaient écoulés depuis que mon maître m'avait laissé. J'attendais toujours.
Puis une voiture s'arrèta devant moi. Une portière s'ouvrit. Je sentis qu'on me détachait puis on prit ma gamelle et elle revint pleine d'eau. J'entendis qu'on parlait mais je ne fis pas attention. J'étais trop occupé à laper mon eau. Quand j'eus fini j'étais toujours trop faible pour marcher. On me porta et on me mit dans une voiture et elle démarra. Je ne sais pas exactement quand mais je finis par m'endormir. Je me réveillai seulement devant un grand bâtiment de pierre. Une fois à l'intérieur, on me mit dans une grande cage. Pendant les jours qui suivirent, on me traita bien et des personnes en blanches m'examinèrent l'oreille là où quelques années plus tôt on m'avait écrit des chiffres. Ils disaient que mon maître allait finir en prison avec 30 000 euros d'amende. Je ne savais pas exactement ce que cela voulait dire.
Puis un jour, un homme me sortit et m'apporta à une famille. Ils semblaient heureux de me voir. Ils me mirent dans leur voiture. Mon maître avait la même mais en grise. Ils m'emmenèrent dans une grande maison. Les années passèrent, ils me traitent bien. Je jouaient avec les enfants. J'étais heureux.
Mais dans les 60 000 animaux abandonnés chaque été, tous n'ont pas ma chance. Certains sont morts, d'autres recueillis par un refuge mais trop malades, ils finirent piqués.
De Megane, Liza, Annabelle et Léa B.